Chômage : calcul de l'indemnisation, seniors, saisonniers... Ce qui change au 1er avril pour les demandeurs d'emplois
À partir du 1er avril, de nombreux changements entrent en vigueur pour les demandeurs d'emplois, en particulier les seniors. Mais ils ne sont pas les seuls concernés : travailleurs saisonniers, frontaliers, ou encore calcul général de l'allocation, ce sont de nombreuses évolutions qu'il va désormais falloir prendre en compte.
Deuxième salve. Au 1er janvier 2025, la première partie de la nouvelle convention d'assurance chômage est entrée en vigueur. Mais pour des "raisons opérationnelles", ce n'est qu'au 1er avril de cette année qu'est déployée la seconde et dernière partie de ces nouvelles règles qui feront loi jusqu'au 31 décembre 2028. Tour d'horizon de ce qui change à France Travail pour les demandeurs d'emplois.
Une allocation calculée sur 30 jours
Jusqu'à présent, les demandeurs d'emplois voyaient leur allocation chômage varier en fonction du calendrier. Concrètement, celle du mois de février (qui comporte 28 ou 29 jours) était toujours inférieure à celle du mois d'août (qui comporte 31 jours), mais désormais, c'est terminé. Selon service-public.fr, l'allocation chômage est calculée sur une base de 30 jours, qu'importe le mois concerné.
Jusqu'à 4 mois pour quitter un emploi et récupérer ses droits
88 jours travaillés, soit 4 mois. C'est, à partir du 1er avril, la période maximale qui est accordée à un travailleur qui touchait précédemment l'allocation chômage pour rompre un nouveau contrat de travail et récupérer ses droits. En effet, dans cette situation, la rupture n'est pas assimilée à du chômage volontaire. Jusqu'alors, la période était de 3 mois, soit 65 jours travaillés.
De nombreux changements concernant les seniors
Les seniors sont particulièrement touchés par le chômage. Et le retour à l'emploi pour cette classe d'âge est souvent plus délicate que pour des personnes plus jeunes. C'est pour cela que leur durée d'indemnisation est bien plus longue que la normale. Mais désormais les choses se corsent et il faut être plus vieux pour en bénéficier. Là où il fallait être âgé de 53 ou 54 ans à la fin d'un contrat de travail pour bénéficier de 685 jours (22,5 mois) d'allocation chômage, il faut désormais avoir vu 55 ou 56 printemps.
Idem pour l'indemnisation sur 822 jours (27 mois), qui est dorénavant réservée aux 57 ans et plus, et non plus à partir de 55 ans.
Quant au seuil d'âge à partir duquel le calcul des indemnités se fait, il change également : il faut dorénavant avoir 55 ans, et non plus 53 ans, pour que ce soit les derniers 36 mois (et non 24) précédant la fin du contrat de travail qui soient pris en compte pour déterminer si un demandeur d'emploi peut bénéficier de l'allocation.
À noter que les règles évoluent également pour les seniors qui suivent une formation. Il faudra à présent avoir 55 ans et plus et suivre une formation indemnisée au titre de l'allocation d'aide au retour à l'emploi pour bénéficier d'une prolongation de 137 jours (4,5 mois) des droits à l'allocation chômage. Cette prolongation est toujours de 182 jours (6 mois), pour les départements et régions d'outre-mer. Pour rappel, la durée maximale d'indemnisation pour les autres demandeurs d'emploi est de 18 mois.
Dernière évolution concernant les seniors, la dégressivité de l'allocation chômage n'est plus appliquée à partir de 55 ans. Cette dégressivité, uniquement pour les indemnités journalières de plus de 92,12 euros, réduit au maximum de 30% le montant de l'allocation à partir du septième mois. Mais avec ces nouvelles règles, si un demandeur d'emploi peut bénéficier d'une durée d'indemnisation de 685 jours, il ne la verra pas dégresser.
L'accès à l'allocation simplifiée pour les saisonniers
Bonne nouvelle pour les saisonniers, chez qui l'allocation chômage devient plus accessible. À compter du 1er avril, il faut avoir travaillé au moins 5 mois au cours des 24 derniers mois pour en bénéficier. Ce seuil était fixé à 6 mois précédemment. Une évolution qui en entraine une autre, puisque la durée minimale d'indemnisation pour les saisonniers passe à 5 mois.
Les prétentions salariales doivent être en adéquation avec le marché français
Les demandeurs d'emplois le savent, en cas de refus de deux offres d'emplois considérées comme "raisonnables" sans motif légitime, ils peuvent être radiés de France Travail et perdre leur allocation. Une offre est dite raisonnable sur trois critères : le niveau de qualification et de compétence, la zone géographique et la rémunération.
Mais jusqu'à présent, un travailleur frontalier qui exerce en Suisse ou au Luxembourg pouvait se baser sur les rémunérations de ces pays pour déterminer ses prétentions salariales en France. Ce n'est désormais plus le cas.