"Il faut saisir 'l’opportunité' du Covid pour changer" le système économique

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Bertrand Badré, un homme d’affaires réputé proche d’Emmanuel Macron, publie un livre pour appeler à repenser le modèle économique actuel. "Il faut saisir l’opportunité du Covid, entre guillemets, pour changer ce qui peut l’être", a-t-il déclaré jeudi soir sur Europe 1.
INTERVIEW

Le système économique actuel va-t-il survivre au coronavirus ? Fragilisée de toutes parts par la pandémie de coronavirus, l’économie mondiale continue de souffrir, de l’Europe aux États-Unis en passant par la Chine. Bertrand Badré, un homme d’affaires réputé proche d’Emmanuel Macron, plaide pour une refonte du système capitaliste dans un livre intitulé Voulons-nous (sérieusement) changer le monde ? – repenser le monde et la finance après le Covid-19. "Il faut saisir l’opportunité du Covid, entre guillemets, pour changer ce qui peut l’être. A partir du moment où l'on investit des milliards et des milliards, on doit les mettre dans la bonne direction", a-t-il insisté jeudi soir sur Europe 1.

"On a gâché la crise précédente"

Le directeur de la société d’investissement Blue Like an Orange a pointé du doigt les failles du système actuel, héritées selon lui d’une mauvaise gestion de la précédente crise économique entre 2008 et 2011. "On a gâché la crise précédente, la crise financière dite des subprimes et de l’euro. A l’époque, on a colmaté les brèches mais on n’a pas repensé le système, qui a été rafistolé et qui a montré ses fragilités avec le Covid", a constaté le financier.

Bertrand Badré revendique tout de même être un défenseur du capitalisme. "La réalité, c’est qu’on continue à vivre et que le système a continué à vivre. On a fait en 3-4 mois ce qu’on avait fait en 3-4 ans il y a dix ans. La Réserve fédérale américaine et la Banque centrale européenne ont mobilisé 2.000 milliards d’euros en trois mois, ce qu’elles avaient mis trois ans à faire au cycle précédent", a assuré l’ancien directeur général de la Banque mondiale.

"Les inégalités vont croître mécaniquement"

Bertrand Badré s’est également alarmé de l’augmentation des inégalités. "On entre dans une période avec des taux très bas. Si vous avez un premier milliard, on vous en prête un deuxième avec zéro et avec lequel vous pouvez investir et gagner encore plus. Si vous n’avez rien, vous voyez le bateau passer", a-t-il déploré. "Les inégalités vont croître mécaniquement", a-t-il prévenu.