«Le budget voté par le Sénat ne remplit pas la condition d'être le budget du compromis», selon Amélie de Montchalin
Le budget "ne remplit pas la condition d'être le budget du compromis", a estimé ce dimanche Amélie de Montchalin, ministre des Comptes publics. Adopté jeudi par le Sénat, le projet de budget de l'Etat pour 2025 sera soumis le 30 janvier à une commission mixte paritaire du Sénat et de l'Assemblée nationale.
La ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin a estimé dimanche sur BFMTV que le budget, adopté jeudi par le Sénat, "ne remplit pas la condition d'être le budget du compromis".
"Il remplit la condition de réduire le déficit, mais manifestement il ne remplit pas la condition d'être le budget du compromis", a déclaré la ministre, à quatre jours de la commission mixte paritaire (CMP) des deux assemblées sur ce budget.
Le budget sera celui "du pays"
Elle a rappelé que le but du gouvernement était d'avoir un budget qui, à la fois, réduit le déficit, n'augmente pas les impôts pour les classes moyennes et populaires, et constitue un compromis.
"Ce ne sera pas le budget de la droite, le budget de la gauche, le budget du centre, mais le budget du pays", a-t-elle insisté.
"Les 4.000 postes d'enseignants (qui devaient être supprimés dans le projet de budget initial), il faut qu'ils soient dans le budget", a signalé la ministre, comme "les 500 personnes de plus pour France Travail pour accompagner les demandeurs du RSA", ou "l'augmentation de l'ONDAM", les dépenses de soins de ville et d'hospitalisation, à hauteur "d'un ou deux milliards pour l'hôpital".
"On peut être dans l'opposition sans censurer"
"Évidemment que, sur la justice fiscale, on a des choses importantes à porter sur les rachats d'actions, sur la taxe sur les transactions financières", a ajouté Mme de Montchalin.
Elle a observé que "le compromis n'empêchera pas, évidemment, le PS d'être dans l'opposition", mais "qu'on peut être dans l'opposition sans censurer, sans tout bloquer".
Plusieurs ministres, dont Catherine Vautrin (Travail et Santé) et Eric Lombard (Économie et Finances), ont estimé ces derniers jours à 12 milliards d'euros le coût de la censure du gouvernement Barnier. Mme de Montchalin a traduit pour sa part ce coût à "100 millions d'euros" chaque jour qui passe sans budget voté.