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Le Hamas exhibe deux otages israéliens, Tal Shoham et Avera Mengistu à Rafah, avant leur remise au CICR

Europe 1 avec AFP - Mis à jour le . 4 min

Le Hamas et Israël procèdent ce samedi à un septième échange d'otages israéliens contre des détenus palestiniens, malgré un accès de tension après la remise par le mouvement islamiste palestinien des corps des deux enfants otages de la famille Bibas et de leur mère. Suivez notre direct.

Ce samedi, le Hamas a commencé par libérer deux otages israéliens à Rafah dans le sud de la bande de Gaza, avant la remise prévue de quatre autres pour un septième échange contre des prisonniers palestiniens, précédé de la confirmation de la mort de l'otage Shiri Bibas

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Les deux hommes ont été exhibés sur un podium avant de monter dans les voitures du CICR, puis de regagner Israël, selon l'armée. Le visage tendu, Tal Shoham, un Israélo-Autrichien de 40 ans enlevé lors de l'attaque du Hamas du 7 octobre 2023 en Israël, a été contraint de prononcer quelques mots au micro. À ses côtés, Avera Mengistu, 38 ans, tête baissée, marche avec difficulté. Présenté comme mentalement instable par les autorités israéliennes, il avait été filmé escaladant la barrière séparant Israël de Gaza le 7 septembre 2014 et était captif depuis.

Présentés à une foule avec leurs "certificats de libération"

Peu après, le Hamas a exhibé trois otages supplémentaires sur une scène, cette fois-ci à Nousseirat dans le centre de la bande de Gaza, avant leur remise à la Croix-Rouge internationale, ont constaté des journalistes de l'AFP. 

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Eliya Cohen, Omer Shem Tov et Omer Wenkert, tous trois enlevés sur le site du festival de musique de Nova lors de l'attaque du Hamas le 7 octobre 2023 dans le sud d'Israël, ont été présentés à une foule avec leurs "certificats de libération" remis par le mouvement islamiste palestinien.

En début d'après-midi, le sixième et dernier otage a été libéré par le Hamas et remis à la Croix-Rouge.

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Les informations à retenir :

  • Le Hamas a libéré les six otages prévus ce samedi.
  • Le corps restitué vendredi par le Hamas aux autorités israéliennes a été identifié comme celui de Shiri Bibas.
  • Le Hamas a également remis les corps de deux garçonnets, Ariel et Kfir Bibas, tués "à mains nues" en captivité dans la bande de Gaza selon l'armée.

Des mises en scène à chaque libération d'otages

Les mises en scène à chaque libération d'otages ont été dénoncées par Israël, l'ONU et la Croix-Rouge. Sous la pluie, des combattants encagoulés en treillis militaires et en armes se sont déployés autour de la tribune, certains portant des armes automatiques, d'autres des lance-roquettes. Des drapeaux du Hamas flottaient sur des bâtiments détruits par la guerre.

Selon le Club des prisonniers palestiniens, 602 détenus palestiniens doivent être libérés en contrepartie, dont 50 condamnés à perpétuité. Cent-huit des prisonniers doivent être expulsés des territoires palestiniens. A Tel-Aviv, des proches et soutiens des otages, certains en pleurs, se sont rassemblés sur la "place des otages" pour suivre en direct sur écran ces libérations, brandissant des photos des captifs.

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Le kibboutz où a été enlevée l'otage israélienne Shiri Bibas confirme sa mort

Le kibboutz où l'otage israélienne Shiri Bibas avait été enlevée lors de l'attaque du 7-Octobre a confirmé sa mort samedi, mettant fin à la confusion sur son sort à quelques heures d'un septième échange d'otages israéliens contre des détenus palestiniens. La remise jeudi par le Hamas de ce qui devait censé être quatre dépouilles d'otages israéliens a tourné à une montée de tensions alors que le cessez-le-feu en vigueur dans la bande de Gaza reste fragile.

Parmi ces corps figuraient ceux de deux garçonnets, Ariel et Kfir Bibas, tués "à mains nues" en captivité dans la bande de Gaza selon l'armée, mais pas celui de leur mère, Shiri Bibas, comme annoncé par le Hamas, provoquant le choc et parfois la colère en Israël où le sort de cette famille est devenu un symbole. Kfir Bibas, huit mois et demi au moment de son enlèvement le 7-Octobre, était le plus jeune des 251 otages enlevés ce jour-là, dont 67 sont toujours captifs à Gaza, selon l'armée.

Le mouvement palestinien, selon lequel la mère et ses deux enfants avaient été tués en novembre 2023 dans un bombardement israélien, a reconnu "une possible erreur" vendredi. Et dans la nuit, le Comité international de la Croix-Rouge a indiqué avoir transféré de Gaza une nouvelle dépouille.

"Le kibboutz Nir Oz annonce avec une profonde douleur et un grand chagrin le meurtre de Shiri Bibas (...) qui a été enlevée à son domicile le 7 octobre (2023, ndlr) et tuée en captivité à Gaza", a déclaré le kibboutz dans un communiqué au petit matin samedi, première confirmation du côté israélien de la mort de la mère de famille qui avait 32 ans au moment de sa capture. Ni l'armée ni le gouvernement israéliens n'avaient confirmé sa mort samedi matin.

Négociations retardées

Avant la remise du corps de Shiri Bibas, le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait promis d'agir pour que le Hamas "paie le prix de cette violation cruelle et perverse de l'accord" de cessez-le-feu. Avec les deux nouvelles libérations, 25 otages israéliens -dont quatre décédés- ont été remis à Israël, en échange de plus de 1.100 détenus palestiniens depuis l'entrée en vigueur de la trêve.

Au total, 33 otages, dont huit morts, doivent être échangés contre 1.900 détenus palestiniens d'ici la fin, le 1er mars de la première phase de l'accord. Il s'agit de la dernière libération d'otages vivants prévue durant la première phase. Mercredi, le Hamas s'est dit prêt à libérer "en une seule fois" tous les otages encore retenus à Gaza lors de la deuxième phase de l'accord.

>> À SAVOIR - Sans compter la mort de Shiri Bibas, l'attaque du 7-Octobre a entraîné la mort de 1.214 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur des données officielles et incluant les otages morts ou tués en captivité. 

L'offensive israélienne de représailles a fait au moins 48.319 morts à Gaza, en majorité des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l'ONU. Elle a provoqué un désastre humanitaire dans le territoire assiégé.

Mais les négociations indirectes sur cette deuxième étape, censée mettre fin définitivement à la guerre, ont été retardées, les deux parties s'accusant mutuellement de violations de la trêve. La troisième et dernière phase doit en principe porter sur la reconstruction de Gaza.