Procès du RN : «Démocratie exécutée», «Je suis Marine»... Pluie de réactions après la condamnation de Marine Le Pen
Marine Le Pen a été condamnée ce lundi matin à cinq ans d'inéligibilité, assortis de quatre ans de prison dont deux ferme, néanmoins aménageables sous bracelet électronique. La double finaliste à la présidentielle voit sa participation au scrutin de 2027 sérieusement compromise. La classe politique n'a pas tardé à réagir.
Un séisme politique qui fait grandement réagir. Après la condamnation de Marine Le Pen à cinq ans d'inéligibilité avec exécution immédiate, ainsi qu'à quatre ans de prison, dont deux ferme, la classe politique, en France comme à l'étranger, n'a pas tardé à s'exprimer.
"Je suis Marine !", lance Orban
Devant cette décision du tribunal de Paris, qui compromet très clairement la candidature de Marine Le Pen à la présidentielle de 2027, le Kremlin a déploré sur X "une violation des normes démocratiques". Le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, a, lui aussi, apporté son soutien à la cheffe de file du RN, déclarant "Je suis Marine" sur les réseaux sociaux.
Aux États-Unis, si Donald Trump n'a pas réagi pour le moment, Elon Musk lui a dénoncé un "abus du système judiciaire". "Il y aura un retour de bâton, comme avec les attaques judiciaires menées contre le président Trump", a-t-il ajouté.
"La France est-elle encore une démocratie ?"
Au sein du RN, on s'insurge, à l'image du président du parti, Jordan Bardella, selon qui "ce n'est pas seulement Marine Le Pen qui est injustement condamnée, c'est la démocratie française qui est exécutée". De même, Éric Ciotti, président de l'UDR, fait mine de s'interroger : "La France est-elle encore une démocratie ?"
L'indignation est largement partagée à droite, Éric Zemmour estimant que "ce n'est pas aux juges de décider pour qui doit voter le peuple". Et d'ajouter : "Quels que soient nos désaccords, Marine Le Pen est légitime pour se présenter devant le suffrage". Quant au sénateur LR Stéphane Le Rudulier, il assure que "combattre le RN doit se faire sur les terrains des idées, dans les urnes et non dans un tribunal".
Dans les rangs de la majorité présidentielle, Prisca Thevenot, ex-porte-parole du gouvernement, s'adresse directement au RN : "La question que je pose maintenant au Rassemblement national, et peut-être à d'autres qui sont sur cette ligne-là, c'est à partir de combien dans les sondages, on estime qu'on est au-dessus des lois ?"
"La décision de destituer un élu devrait revenir au peuple"
Sans surprise, à gauche, les réactions sont plus contrastées. "La justice est la justice. Selon que vous serez puissant ou misérable, elle doit être la même pour tous", estime le communiste Fabien Roussel. De son côté, Manuel Bompard, coordinateur national de La France insoumise, annonce dans un communiqué officiel "prendre acte" de la décision de justice et ajoute : "Les faits qui sont déclarés avérés sont particulièrement graves. Ils contredisent entièrement le slogan 'Tête haute, mains propres' sur lequel ce parti a longtemps cherché à prospérer".
Plus nuancé, Jean-Luc Mélenchon juge, de son côté, que "la décision de destituer un élu devrait revenir au peuple". "C'est à cela que servirait le référendum révocatoire dans une 6e République démocratique", ajoute le leader de La France insoumise dans un message sur X, après que le parti de gauche radicale a indiqué vouloir "battre aussi demain dans les urnes" l'extrême droite "quel que soit son ou sa candidate".