Faut-il supprimer les ZFE dans nos villes ?
Avec l'interdiction pour les véhicules Crit'Air 3 de circuler dans les zones à faibles émissions depuis le 1er janvier dernier, ce sont plus de 80.000 véhicules qui sont "indésirables" sur l'agglomération lyonnaise. Une mesure créant trop d'inégalités sociales selon le sénateur Vincent Louault, qui va déposer une proposition de loi pour supprimer l'obligation de mettre en place les ZFE.
Les véhicules Crit'Air 3 ont été interdits de circuler dans les zones à faibles émissions (ZFE) depuis le 1er janvier dernier. Ces ZFE, mises en place ces dernières années dans les grandes métropoles, interdisent l'accès aux véhicules les plus polluants. Ce sont désormais plus de 80.000 véhicules qui sont "indésirables" sur l'agglomération lyonnaise.
Vincent Louault, sénateur d'Indre-et-Loire, va déposer une proposition de loi pour supprimer l'obligation pour les villes de mettre en place ces ZFE qui, selon lui, créent trop d'inégalités sociales. Révoltant également de nombreux automobilistes, les mobilisations et mouvements d'opposition apparaissent dans certaines régions et sur les réseaux sociaux contre ces "zones à forte exclusion".
Un sentiment de ras-le-bol collectif
"Ils veulent nous pousser à acheter des véhicules qui coûtent un bras, des véhicules électriques, hybrides. Nous, on n'a pas les moyens", déplore Mouss, qui trouve la mesure socialement injuste. "Ils nous rajoutent les Crit'Air, il faut acheter les vignettes pour rentrer dans les grandes villes, ce n'est pas possible. On ne fait que payer, on n'a pas les moyens, et ce sont toujours les plus modestes qui paient", poursuit-il.
Un autre automobiliste, Bruno, prend le risque de rouler avec sa vieille Peugeot 207, qui est Crit'Air 3. "Je travaille dans le centre et ma voiture c'est un diesel, donc je vais être pénalisé. Elle est classée Crit'Air 3, je sais que je n'ai plus droit de circuler à Lyon avec mais j'y vais quand même", explique-t-il. "Je commence à 6 heures le matin. Je n’ai pas le choix, je dois travailler. Je m'attends à prendre une amende mais je le fais, car je n'ai pas les moyens d'acheter une voiture Crit'Air 1 ou 2", continue Bruno, qui affirme être pour la suppression des ZFE.
"Tout le monde en a ras-le-bol ! En plus des pistes cyclables, à Lyon, on a la totale ! Ça devient n'importe quoi : les écologistes imposent tout !", pense Michel, qui est pour lutter contre la pollution, mais déplore les nombreuses restrictions. Ce sentiment de ras-le-bol se répand de plus en plus dans le pays, rappelant le début du mouvement des gilets jaunes qui était apparu en France en octobre 2018.