Chasse à la baleine : le Japon juge «regrettable» la libération du militant écologiste Paul Watson
Ce mercredi, le gouvernement japonais a jugé "regrettable" la libération par le Danemark de Paul Watson mardi et le refus d'extradition vers le Japon. Le militant écologie dénonçait "l'illégalité" de la chasse à la baleine. Bien qu'elle soit interdite depuis 1986 à l'international, le Japon s'est affranchi de ce droit.
Le gouvernement nippon a jugé mercredi "regrettable" le refus d'extradition vers le Japon et la libération la veille par les autorités danoises du militant écologiste Paul Watson, qui dénonce "l'illégalité" de la chasse à la baleine. "Il est regrettable que le gouvernement danois n'ait pas accepté la demande" d'extradition de Tokyo, et le Japon "l'a fait savoir à la partie danoise", a déclaré le porte-parole du gouvernement, Yoshimasa Hayashi.
Des accusations qui remontent à 2010
Les autorités nippones accusent Paul Watson d'être co-responsable de dommages et blessures à bord d'un navire baleinier japonais en 2010 dans le cadre d'une campagne menée par l'organisation Sea Shepherd.
Le militant américano-canadien de 74 ans avait été arrêté à Nuuk, capitale du territoire autonome danois du Groenland, le 21 juillet après la relance d'une demande émise par le Japon en 2012 via une notice rouge d'Interpol. Il était alors en route avec son navire le John Paul DeJoria pour intercepter un navire-usine baleinier nippon flambant neuf.
Le Danemark a fondé son refus sur "la durée totale de la détention de Paul Franklin Watson après son arrestation le 21 juillet 2024 et jusqu'à ce qu'une éventuelle décision d'extradition puisse être exécutée, et sur (le) fait que les actes pour lesquels l'extradition est demandée remontent à plus de 14 ans, ainsi que de la nature des actes en général", selon la décision consultée par l'AFP.
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Le gouvernement japonais est resté très discret tout au long de l'affaire
Dans un rare commentaire public sur la question, le ministre nippon des Affaires étrangères avait estimé début octobre que la demande d'extradition de son pays relevait de "l'application de la loi" plutôt que de la défense de la pêche à la baleine.
La détention du militant, engagé depuis une cinquantaine d'année pour la défense des baleines et connu pour ses actions coups de poing, a suscité un élan de sympathie en France où les autorités avaient demandé au Danemark de ne pas l'extrader, ainsi que chez les défenseurs de l'environnement.