Trêve à Gaza : libération de trois otages israéliens contre des centaines de détenus palestiniens
Trois otages israéliens, tous binationaux, ont été libérés ce samedi matin, contre 369 prisonniers palestiniens. Ils sont apparus en meilleure forme physique que les trois otages israéliens décharnés libérés une semaine plus tôt. C'est le sixième échange organisé depuis la mise en place de l'accord de trêve entre Israël et le Hamas.
Des terroristes palestiniens masqués ont libéré samedi trois otages israéliens dans la bande de Gaza contre 369 Palestiniens détenus par Israël, dans le sixième échange depuis le début de la trêve, qui a failli voler en éclats cette semaine. L'accord de cessez-le-feu est entré en vigueur le 19 janvier après 15 mois d'une guerre dévastatrice à Gaza entre Israël et le Hamas, déclenchée par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien sur le sol israélien le 7 octobre 2023.
Les principales informations à retenir :
- Arrivée à Khan Younès d'un convoi de Palestiniens libérés par Israël
- Quatre prisonniers palestiniens libérés par Israël ont été hospitalisés
- Trois otages israéliens ont été libérés ce samedi matin
- 369 prisonniers palestiniens seront remis en liberté
- Netanyahu dit apprécier "le soutien total" de Trump aux décisions à venir d'Israël
Netanyahu dit apprécier "le soutien total" de Trump aux décisions à venir d'Israël
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, apprécie "le soutien total" du président américain, Donald Trump, aux décisions à venir d'Israël sur la bande de Gaza, a indiqué son bureau samedi, après l'échange de trois otages israéliens retenus à Gaza contre des prisonniers palestiniens libérés par Israël.
"La position ferme du président Trump a conduit à la libération de trois de nos otages aujourd'hui, malgré le refus du Hamas de les libérer auparavant", indique Benjamin Netanyahu, ajoutant qu'il convoquerait le cabinet de sécurité "dès que possible pour décider des prochaines étapes pour Israël", selon le communiqué de son bureau.
Trois otages en meilleure forme physique que les trois autres libérés samedi dernier
Après 498 jours de captivité, Sacha Trupanov, un Israélo-Russe de 29 ans, Yaïr Horn, un Israélo-Argentin de 46 ans, et Sagui Dekel-Chen, un Israélo-Américain de 36 ans, ont été libérés à Khan Younès (sud). Ils sont apparus en meilleure forme physique que trois otages décharnés libérés une semaine plus tôt.
Avant leur remise au Comité international de la Croix-Rouge (CICR), les trois hommes ont été exhibés sur un podium, entourés de combattants du Hamas et de son allié du Jihad islamique. Ils ont été contraints de dire quelques mots au micro, en hébreu, devant la foule, suivant une mise en scène organisée à chaque libération.
Ces hommes, qui doivent subir des examens médicaux, avaient été enlevés au kibboutz Nir Oz (sud d'Israël) le 7-Octobre. Sur 251 personnes alors emmenées à Gaza, 70 y sont toujours détenues, dont au moins 35 mortes, selon l'armée.
Netanyahu veut libérer tous les otages "aussi vite que possible"
Après ces libérations, le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio est attendu en soirée en Israël. Il doit rencontrer le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, qui a dit vouloir œuvrer avec l'allié américain pour libérer tous les otages "aussi vite que possible".
Le Hamas a lui appelé Washington à "contraindre" Israël à respecter ses engagements dans le cadre de l'accord, pour débloquer plus d'aide humanitaire. Le mouvement a reçu des "garanties sur l'entrée de préfabriqués et d'équipement lourd" à Gaza, a dit son porte-parole, Hazem Qassem.
Les médiateurs égyptien et qatari ont œuvré cette semaine pour préserver le cessez-le-feu, après que le Hamas a menacé de suspendre les libérations et Israël de reprendre la guerre, chaque camp accusant l'autre de violations de l'accord.
"Nous pensons à tous ceux qui restent"
À Tel-Aviv, des Israéliens ont suivi en direct les libérations à Gaza sur des écrans géants, entre étreintes et larmes de joie. La femme de Sagui Dekel-Chen, Avital, qui a donné naissance à leur troisième fille deux mois après le 7-Octobre, l'a accueilli sur une base militaire du sud d'Israël.
Le Forum des familles d'otages a dans la foulée appelé Israël et le Hamas à ne pas laisser la trêve "s'effondrer". "Nous sommes si heureux à chaque fois qu'un (otage) revient. Mais ensuite, nous pensons à tous ceux qui restent" et "attendent d'être libérés", a confié à l'AFP Ronli Nissim, membre du Forum. "Simultanément au grand enthousiasme" au retour de chaque otage, "nous (...) préparons en même temps des plans d'attaque", a mis en garde de son côté l'armée.
Quatre prisonniers palestiniens hospitalisés
Israël a confirmé avoir libéré 369 prisonniers palestiniens. La plupart ont été transférés en bus dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, territoire occupé par Israël depuis 1967, où ils ont été accueillis par des foules en liesse, et 24, condamnés à la perpétuité, ont été expulsés en Egypte.
À Ramallah, en Cisjordanie, les ex-prisonniers ont été portés par des hommes, avant d'enlacer leurs proches. Quatre d'entre eux ont été hospitalisés. Hassan Awis a décrit des conditions de détention "très difficiles", faisant état de "torture". "Je renais", s'est réjouit Amir Abou Radaha, détenu pendant près de 32 ans, qui purgeait plusieurs peines de prison à vie, notamment pour homicide volontaire, selon les données du ministère de la Justice israélien.
La télévision publique israélienne a diffusé des images de détenus avant leur libération, vêtus pour la première fois d'un haut de survêtement frappé d'une étoile de David, et du slogan, en arabe : "Nous n'oublions pas et ne pardonnons pas". Le CICR a appelé "toutes les parties" à "faire plus" pour garantir que les échanges se tiennent "dans la dignité et la discrétion".
La première phase de la trêve, qui doit s'achever le 1er mars, a déjà permis la libération de 19 otages israéliens et 1.134 Palestiniens. Durant cette phase, 33 otages israéliens au total, dont huit décédés, doivent être remis à Israël en échange de 1.900 détenus palestiniens.
Des pourparlers sur la deuxième phase de libération espérés "la semaine prochaine"
Selon une source proche des négociations, les médiateurs espèrent entamer "la semaine prochaine à Doha" les pourparlers sur la deuxième phase. Celle-ci vise à ramener tous les otages en Israël et mettre fin à la guerre, avant une phase finale dédiée à la reconstruction de Gaza, un immense chantier estimé par l'ONU à plus de 53 milliards de dollars.
Sur le sort à plus long terme de Gaza, un sommet de cinq pays arabes est prévu le 20 février à Ryad, pour répondre au plan du président américain, Donald Trump, d'une prise de contrôle du territoire palestinien par les Etats-Unis et du déplacement de sa population en Egypte et Jordanie.
L'attaque du 7-Octobre a entraîné la mort de 1.211 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur des données officielles et incluant les otages morts ou tués en captivité. L'offensive israélienne de représailles à Gaza a fait au moins 48.264 morts, en majorité des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l'ONU, et provoqué un désastre humanitaire.