Attentat à Mulhouse : un conseil interministériel sur l'immigration se tiendra mercredi, annonce Jean-Noël Barrot
Le gouvernement français entend renforcer sa politique de contrôle de l’immigration, notamment vis-à-vis de l’Algérie. Jean-Noël Barrot, ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, invité du Grand Rendez-vous d'Europe 1/CNews/Les Échos ce dimanche, a annoncé que le Premier ministre convoquerait ce mercredi un conseil interministériel sur le sujet.
Au lendemain de l'attaque au couteau qui a fait un mort samedi à Mulhouse, dont le suspect est un Algérien en situation irrégulière, le Premier ministre, François Bayrou, convoque un conseil interministériel de contrôle de l'immigration mercredi, a annoncé dimanche Jean-Noël Barrot, ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, invité du Grand Rendez-vous d'Europe 1/CNews/Les Échos ce dimanche.
Interrogé sur l’efficacité des mesures actuelles, le ministre a mis en avant son action depuis son entrée en fonction. "J'ai demandé aux 19 ambassadeurs, dans les pays où nous avons le plus de difficultés à renvoyer les étrangers en situation irrégulière, à me faire un rapport circonstancié dont je présenterai les résultats ce mercredi au Premier ministre pour que nous puissions prendre des actions vigoureuses", a-t-il indiqué.
Vers un durcissement des mesures face à l’Algérie ?
Parmi les options évoquées figurent des restrictions sur les visas consulaires, bien que le ministre ait rappelé que chaque pays nécessite une approche spécifique. "Il y a des pays vis-à-vis desquels il nous faut effectivement prendre des mesures fortes, il y en a d'autres où, au contraire, il nous faut des mesures d'accompagnement", a nuancé le ministre des Affaires étrangères indiquant que la solution ne réside pas dans le fait de "mettre la pression" à ces pays mais plutôt de "leur mettre en main des outils" pour qu'ils puissent "contrôler leur flux" migratoire.
La coopération avec l’Algérie est un point particulièrement sensible. Bruno Retailleau plaide pour un rapport de force plus marqué, à l'inverse de la position gouvernementale qui défend une approche mêlant fermeté et coopération.
Jean-Noël Barrot a rappelé qu’entre 2020 et 2021, la réduction des visas n’avait pas entraîné d’augmentation significative des reconduites à la frontière mais qu'en revanche, la signature d’un accord de coopération en 2022 avait permis de tripler les expulsions d'étrangers en situation irrégulière. Une "méthode exigeante" dont il s'est félicité.