Polémique sur les dons pour Notre-Dame : "Il y a une haine de la réussite dans notre pays", s'insurge le patron du Medef
Le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux, interrogé sur Europe 1, ne comprend pas la polémique sur les dons effectués par plusieurs grandes fortunes afin de reconstruire Notre-Dame.
Près d'un milliard de dons ont déjà été récoltés pour reconstruire Notre-Dame. Mais certaines sommes, versées par plusieurs grandes fortunes françaises (Arnault, Pinault, Bettencourt-Meyers…), font l'objet de critiques, notamment sur la question de la défiscalisation fiscale . "Je trouve cette polémique triste. Il y a une haine de la réussite qui est courante dans notre pays", s'est insurgé le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux, interrogé mercredi soir sur Europe 1.
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"Si il n'y avait pas ces dons, l'État paierait 100% des travaux". "C'est le signe d'une non-compréhension de ce qui se passe. S'il n'y avait pas ces dons, l'État paierait 100% des travaux. Quand François Pinault donne 100 millions d'euros, l'État économise 40 millions d'euros (après déduction fiscale de 60%). Les entreprises donnent énormément : 3,7 milliards d'euros l'an passé, dont la moitié n'ont pas demandé de déduction fiscale", a poursuivi le "patron des patrons".
Devant la polémique montante, François-Henri Pinault , patron du groupe de luxe Kering (qui a donné 100 millions d'euros), a décidé de renoncer à la défiscalisation de son don.
"Peut-on faire plus et mieux ? Bien sûr". De nombreuses voix ont souligné que l'élan de générosité pour Notre-Dame intervient à un moment où les associations de lutte contre la pauvreté font face à une baisse des dons. "Si vous pouviez abonder 1% pour les démunis, nous serions comblés", a twitté la Fondation Abbé Pierre.
"Les entreprises donnent déjà beaucoup. Peut-on faire plus et mieux ? Bien sûr", a concédé Geoffroy de Roux de Bézieux. "Mais Notre-Dame est un symbole incroyable qui a ému le monde entier, c'est normal qu'il y ait un élan de générosité. Ne critiquons pas ceux qui donnent. Si c'est pour dire qu'ils peuvent donner plus et ailleurs, oui."