Éducation affective et sexuelle à l'école : une journée de formation pour le personnel de l'Éducation nationale
Une journée de formation pour les inspecteurs, les chefs d’établissement et les enseignants qui seront chargés de mettre en place le programme d’éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité à la rentrée de septembre, s’est tenue à Paris lundi.
L'Éducation nationale a publié, il y a plus d’un mois un programme "d'Éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle". Ces séances sont obligatoires, car prévu par la loi depuis 2001, à raison de trois fois par an de la maternelle au lycée. Mais elles sont très peu enseignées, seuls 15% des élèves en 2021 bénéficiaient des trois séances d’après le ministère, qui a donc publié un contenu précis de ces cours pour tenter de les généraliser.
Ce lundi 24 mars, le ministère de l'Éducation nationale a organisé un séminaire de formation dans un lycée parisien. Près de 500 inspecteurs, chefs d'établissement, professeurs, infirmiers scolaires et surveillants, tous volontaires, y ont participé.
"Il y a une urgence à commencer tôt"
Ces trois séances par an doivent permettre à l'enfant de comprendre ce qui relève de son intimité pour ensuite alerter sur des faits de violence dont il serait victime ou témoin. Mathieu Lacambre, psychiatre et intervenant dans la formation, appelle tout de même à faire attention aux mots employés. "Il y a une urgence à commencer tôt, dès les premières années de scolarisation, mais en lien avec le parent, qui est l'éducateur désigné naturel, et de manière adaptée au développement psychosexuel affectif de l'enfant", explique-t-il.
Une peur de la part des familles
Il est aussi important de bien expliquer le contenu de chaque séance aux parents, insistent les formateurs, car certaines familles ont peur de ce qu'il peut se dire et refusent que l'élève assiste au cours.
"On a plutôt eu un cas d'élève qui était absent lors de la séance, donc on a organisé une autre séance où il a pu être présent et la famille a finalement accepté. Parce que dans le fond, il s'agit plutôt de désinformation que vraiment de parents qui sont contre", raconte Aurélie, professeure de sciences et vie de la terre dans l'académie de Créteil.
Cette formation, pour l'instant réservée au personnel volontaire de l'Éducation nationale, doit donc aider à mieux comprendre le contenu de ces séances et améliorer le dialogue avec les familles.