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Barthélémy Philippe // Crédit photo : Magali Cohen / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Avec son déficit de 5,5% du PIB et ses 3.100 milliards d'euros de dette publique, la France vient d'être placée en procédure pour déficit excessif par la Commission européenne. Bercy a transmis à Bruxelles une trajectoire de désendettement. Mais elle suppose des restrictions budgétaires drastiques et l'État mise sur la contribution des collectivités territoriales. 

Les finances publiques de l'État sont dans le rouge ! Avec un déficit de 5,5% du PIB et une dette publique qui crève le plafond, la France a été placée en procédure pour déficit excessif par la commission européenne. Le ministère de l'Économie a transmis à Bruxelles une trajectoire de désendettement qui doit ramener le pays sous la barre dès 3% en 2027. 

Une trajectoire qui demande des restrictions budgétaires drastiques : 45 milliards d'euros d'économies sur la seule période 2024-2025. Pour parvenir à cela, l'État mise sur la contribution des collectivités territoriales. Mais cet objectif est compromis selon la Cour des comptes, qui vient de publier son rapport annuel sur les finances publiques locales. 

"L'État veut nous faire payer sa gestion calamiteuse"

En 2022, les collectivités avaient dégagé un excédent de trois milliards d'euros en 2022. Mais un an plus tard, c'est la dégringolade, elles affichent un besoin de financement chiffré à 5,5 milliards d'euros par la Cour des comptes. Les dépenses de fonctionnement ont augmenté dans les communes, les régions et les départements. Mais les recettes n'ont suivi que pour les communes, qui ont bénéficié de la hausse de la taxe foncière. 

À l'inverse, la crise immobilière a fait plonger les comptes des départements, étroitement liés aux frais de notaire sur les transactions. Dans ces conditions, hors de question de participer au désendettement de l'État, pour André Laignel, vice-président de l’Association des maires de France : "Nous, nous ne participons à la dette qu'à hauteur de 7% ce qui est totalement ridicule. Nous ne sommes pas porteurs de la dette, et la nôtre est stable. Donc l'État veut nous faire payer sa gestion calamiteuse, nous n'avons aucune raison d'y abonder, alors qu'il y a un désaccord frontal !". 

Pour ramener le déficit à 5,1% du PIB à la fin de l'année, Bercy demande une participation des collectivités locales à hauteur de 2 milliards d'euros. Et d'ici 2027, l'État prévoit que les collectivités dégagent un excédent de 17 milliards d'euros en réduisant leurs dépenses de fonctionnement. Une perspective peu crédible, selon la Cour des comptes.