EN DIRECT - Guerre en Ukraine : «Nous voulons un deal rapide, mais pas d'accord qui soit fragile», affirme Emmanuel Macron
La guerre en Ukraine a débuté il y a trois ans, jour pour jour, un 24 février. Depuis, alors que la Russie occupe près de 20% du territoire ukrainien, Kiev poursuit sa lutte contre son voisin. Mais le pays est confronté à la volte-face des États-Unis, un de ces principaux alliés. Suivez notre direct.
Plusieurs dirigeants étrangers se retrouvent lundi à Kiev pour réaffirmer leur soutien à l'Ukraine au troisième anniversaire de l'invasion russe, au moment où le revirement des États-Unis a changé la donne du conflit. "Nous avons une rencontre importante demain, un sommet. Peut-être que ce sera un tournant", a déclaré dimanche le président ukrainien Volodymyr Zelensky à propos de cette réunion à laquelle participeront selon lui 13 dirigeants, plus 24 autres par visioconférence.
Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez est du voyage, tout comme la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. Suivez notre direct
Les informations à retenir
- Emmanuel Macron assure que "les Européens" sont "prêts à aller jusqu'à l'envoi de troupes"
- Volodymyr Zelensky salue "trois ans de résistance" ukrainienne et pourrait se rendre à la Maison Blanche dans les prochains jours
- «Ce n'est pas seulement le destin de l'Ukraine qui est en jeu», juge Ursula von der Leyen à son arrivée à Kiev
- Les tensions entre Kiev et Washington se poursuivent
- L'ONU appelle à une "paix juste", qui respecte l'"intégrité territoriale" de l'Ukraine
Donald Trump est "convaincu" que Vladimir Poutine "veut arriver à un accord" sur l'Ukraine
Le président américain, Donald Trump, s'est dit convaincu que le président russe, Vladimir Poutine, souhaite arriver à un accord sur l'Ukraine. Une telle chose serait dans l'intérêt de la Russie, selon Donald Trump.
Vladimir Poutine affirme que les Européens "peuvent participer" au règlement du conflit
Alors qu'une dizaine de chefs d'États et de gouvernements étaient réunis à Kiev pour les trois ans de la guerre en Ukraine, Vladimir Poutine s'est exprimé sur le rôle de l'Europe dans les négociations de paix avec l'Ukraine. Pour le président russe, les Européens "peuvent participer" au règlement du conflit entre son pays et l'Ukraine.
Vladimir Poutine a également déclaré que son homologue ukranien, Volodymyr Zelensky, devenait "une figure toxique" en Ukraine. répétant certaines des vives critiques formulées la semaine dernière par Donald Trump envers le dirigeant ukrainien. "Le fait est que le chef, l'actuel chef du régime de Kiev devient une figure toxique", accusant M. Zelensky de "donner des ordres ridicules" à son armée et d'être "un facteur de décomposition de l'armée, de la société et de l'Etat".
Il s'est également dit favorable à des investissements américains pour exploiter les minerais stratégiques se trouvant dans le sol des territoires d'Ukraine occupés par l'armée russe. "Nous sommes prêts à attirer des partenaires étrangers dans nos nouveaux territoires historiques qui ont été restitués à la Russie. Il y a là certaines réserves. Nous sommes prêts à travailler avec nos partenaires, y compris américains, dans les nouvelles régions", a déclaré M. Poutine lors d'un entretien télévisé.
"La paix ne peut pas signifier la capitulation de l'Ukraine", selon Emmanuel Macron
Emmanuel Macron a pris la suite de Donald Trump. Devant les journalistes, le chef de l'État est revenu sur l'annonce de Donald Trump de la visite prochaine de Volodymyr Zelensky. Il a également affirmé que "nous avons eu des avances substantielles" au sujet de l'Ukraine.
"Votre volonté de bâtir la paix, nous la partageons", mais cette paix "ne peut pas vouloir signifier la capitulation de l'Ukraine, cette paix ne peut pas être un cessez-le-feu sans garantie et cette paix doit prévoir les conditions d'une souveraineté de l'Ukraine", pour Emmanuel Macron.
Le président de la République a aussi demandé un accord solide pour mettre fin au conflit : "Nous voulons un deal rapide, mais pas d'accord qui soit fragile", déclare Emmanuel Macron.
"Nous devons faire cesser cette tuerie", affirme Donald Trump
Après leur entretien dans le Bureau ovale, les présidents Trump et Macron se sont présentés devant les journalistes à la Maison Blanche. Le président américain a pris la parole en premier, rappelant que la France est "notre allié le plus ancien". Il a également affirmé que "nous avons fait plus de progrès en trois semaines depuis que je suis revenu qu'en trois ans".
Donald Trump a également déclaré qu'il aimerait voir un "cessez-le-feu" entre l'Ukraine et la Russie avant l'instauration d'un "arrêt permanent de la guerre", soulignant le rôle de l'Europe dans ce projet : "L'Europe doit jouer un rôle central pour favoriser la paix".
"Envoi de troupes européennes
"Les Européens prêts à aller jusqu'à l'envoi de troupes" pour vérifier que "la paix est bien respectée", assure Emmanuel Macron à Donald Trump. Un point qui sera accepté par Vladimir Poutine selon le locataire de la Maison Blanche.
Zelensky à Washington
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky pourrait venir à la Maison Blanche "cette semaine ou la suivante" selon le Donald Trump. Cette annonce intervient en pleine période de tensions entre Kiev et Washington, le président américain ayant qualifié la semaine dernière M. Zelensky de "dictateur sans élection".
"Paix durable" en Ukraine
En visite à Washington, le président français affirme qu'il va discuter avec son homologue américain d'une "paix durable" en Ukraine. Il espère également une implication américaine "forte" pour garantir cette paix, et affirme que l'Ukraine "doit être impliquée" dans les pourparlers pour mettre fin à la guerre.
Macron salue le "courage" de l'Ukraine face à l'"agresseur" russe
Emmanuel Macron a salué lundi le "courage" de l'Ukraine face à "l'agresseur" russe, peu avant sa réunion à la Maison Blanche avec Donald Trump, qui juge Kiev responsable de la guerre avec la Russie.
"Depuis trois ans l'Ukraine se bat avec un courage qui force le respect contre un agresseur, la Russie", a écrit le président français dans un message publié sur le réseau social X, en ajoutant: "Notre soutien à l'Ukraine restera inébranlable. Je suis à Washington pour le rappeler et avancer avec le Président Trump et nos alliés."
Kiev et Washington en phase "finale" des négociations pour l'accord sur les minerais
L'Ukraine et les Etats-Unis sont en phase "finale" de négociations sur un accord qui donnerait à Washington l'accès aux minerais ukrainien en échange d'une protection, qui a été au coeur de tensions entre Kiev et Washington, a déclaré le gouvernement ukrainien lundi.
"Les équipes ukrainienne et américaine sont en phase finale des négociations concernant l'accord sur les minéraux", a déclaré la vice-première ministre Olga Stefanichyna sur X. "Les négociations ont été très constructives, avec presque tous les détails clés finalisés", a-t-elle assuré.
Volodymyr Zelensky salue "trois ans de résistance" ukrainienne
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a salué lundi trois ans de "résistance" et d'"héroïsme" de son pays à l'occasion du troisième anniversaire de l'invasion russe de 2022.
"Trois ans de résistance. Trois ans de gratitude. Trois ans d'héroïsme absolu des Ukrainiens", a-t-il écrit dans un message sur les réseaux sociaux, en remerciant "tous ceux qui défendent et soutiennent" l'Ukraine.
«Ce n'est pas seulement le destin de l'Ukraine qui est en jeu», insiste Ursula von der Leyen
"Nous sommes à Kiev aujourd'hui, parce que l'Ukraine, c'est l'Europe. Dans cette lutte pour la survie, ce n'est pas seulement le destin de l'Ukraine qui est en jeu. C'est le destin de l'Europe", a déclaré Mme von der Leyen dans un message sur les réseaux sociaux, accompagné d'une vidéo de son arrivée en train aux côtés du président du Conseil européen Antonio Costa.
Confrontés à la menace russe et au revirement américain, les Européens, affaiblis, tentent de se mobiliser. M. Costa a pour sa part annoncé un sommet européen spécial pour le 6 mars car "nous vivons un moment décisif pour l'Ukraine et la sécurité européenne".
L'Ukraine confrontée à la volte-face des États-Unis
Le chef de file des démocrates-chrétiens allemands Friedrich Merz, qui a remporté les législatives de dimanche et a toutes les chances de devenir le prochain chancelier, a d'emblée affiché comme "priorité absolue" la création d'une "capacité de défense européenne autonome" comme alternative à "l'Otan dans sa forme actuelle".
Après s'être aligné sur la position russe qui juge l'Ukraine responsable du déclenchement du conflit le 24 février 2022 et avoir ouvert des pourparlers avec Moscou sans participation ukrainienne ou européenne, le président américain Donald Trump insiste sur sa volonté de récupérer le montant de l'aide fournie depuis cette date en obtenant un accès aux ressources minières ukrainiennes.
Volodymyr Zelensky a exclu de signer un texte que "dix générations d'Ukrainiens" devront payer. Donald Trump a aussi qualifié de "dictateur sans élections" Volodymyr Zelensky, élu en 2019 pour cinq ans mais qui reste au pouvoir en raison de l'impossibilité d'organiser un scrutin en pleine guerre. Le président ukrainien a affirmé dimanche ne pas être "offensé" par ces propos car il était "un président légitimement élu".
Washington prépare en outre un sommet entre Donald Trump et son homologue russe Vladimir Poutine, et a jugé irréaliste une adhésion de l'Ukraine à l'Otan. Cette volte-face américaine après trois ans de soutien militaire ininterrompu a abasourdi un grand nombre d'Ukrainiens, qui redoutent que leur pays soit forcé d'accepter des concessions territoriales en échange d'un cessez-le-feu.
Des soldats qui n'ont "plus rien à perdre"
Si le président ukrainien accepte de céder à la Russie les régions qu'elle occupe actuellement, "les gars qui se battent maintenant pour notre terre (...) n'écouteront pas Zelensky et nous continuerons à pousser", prévient Oleksandre, commandant d'une unité d'assaut dans la 93ème brigade.
Beaucoup d'hommes ont déjà perdu "leur maison, leurs familles, leurs enfants" et n'ont "plus rien à perdre", juge le militaire ukrainien. Des manifestations de soutien à l'Ukraine ont déjà eu lieu dimanche à Paris, à Prague, à Vilnius, devant l'ambassade de Russie à Washington et dans plusieurs autres villes américaines. D'autres rassemblements sont prévus lundi, notamment à Londres et Sydney.
De son côté, la Russie ne cache pas sa satisfaction après avoir vu Donald Trump briser l'isolement voulu par les Occidentaux de Vladimir Poutine et l'ouverture de pourparlers bilatéraux. "Le dialogue a lieu entre deux présidents vraiment remarquables. C'est prometteur. Il est important que rien ne vienne gêner la mise en œuvre de leur volonté politique", s'est félicité dimanche le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.
L'ONU appelle à une "paix juste", qui respecte l'"intégrité territoriale" de l'Ukraine
Moscou a annoncé qu'une nouvelle rencontre de diplomates russes et américains aurait lieu en fin de semaine, après celle du 18 février en Arabie saoudite des ministres des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et Marco Rubio. Dans une initiative lourde de sous-entendus, les Américains ont proposé à l'Assemblée générale de l'ONU un projet de résolution qui ne mentionne pas l'intégrité territoriale de l'Ukraine. Et ce alors même que le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a appelé dimanche à une paix "juste" qui respecte cette "intégrité territoriale".
Sur le terrain, un incendie s'est déclaré dans la raffinerie de pétrole de Riazan, une des plus grandes de Russie au sud de Moscou, après une attaque de drones ukrainiens, selon les autorités. Cette raffinerie a déjà été attaquée à deux reprises en janvier par l'Ukraine.