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Procès du RN : pour Marine Le Pen, la décision en appel envisagée à l'été 2026 est «une très bonne nouvelle»

Europe 1 avec AFP - Mis à jour le . 8 min
EN DIRECT - Condamnation de Marine Le Pen : la cour d'appel de Paris envisage un procès avec «une décision à l'été 2026»
EN DIRECT - Condamnation de Marine Le Pen : la cour d'appel de Paris envisage un procès avec «une décision à l'été 2026» © Anne-Christine POUJOULAT / AFP

Condamnée à cinq ans d'inéligibilité, quatre ans d'emprisonnement dont deux ferme, Marine Le Pen a vu s'éloigner la possibilité de se présenter une quatrième fois à la course à l'Élysée dans deux ans. La cour d'appel de Paris dit envisager un procès avec "une décision à l'été 2026".

À J+1 après le jugement choc contre Marine Le Pen, le RN organise la contre-offensive politique et médiatique mardi en prenant l'opinion à témoin, et en exigeant un procès en appel suffisamment rapide pour espérer maintenir sa candidature à la présidentielle. Dans un communiqué, la cour d'appel de Paris dit envisager un procès avec "une décision à l'été 2026".

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Les principales informations :

  • Marine Le Pen a été condamnée lundi à cinq ans d'inéligibilité, ce qui compromet sa participation à la prochaine élection présidentielle
  • Dans La Grande interview Europe 1-CNews, Jordan Bardella, président du parti, a dénoncé une violation de l'État de droit"
  • François Bayrou a considéré mardi que "la réflexion doit être conduite" par les parlementaires à propos de l'exécution provisoire
  • Le RN organise un meeting de soutien à Marien Le Pen dimanche à Paris
  • Une nouvelle enquête a été ouverte après des menaces qui ont visé les magistrats du tribunal correctionnel de Paris ayant condamné lundi Marine Le Pen
  • La cour d'appel de Paris envisage un procès avec "une décision à l'été 2026"
  • Marine Le Pen a estimé mardi que l'intention de la justice d'organiser un procès en appel dont la décision serait rendue à l'été 2026 était "une très bonne nouvelle

Décision en appel envisagée à l'été 2026 : "Une très bonne nouvelle", dit Marine Le Pen

Marine Le Pen a estimé mardi que l'intention de la justice d'organiser un procès en appel dont la décision serait rendue à l'été 2026 était "une très bonne nouvelle" qui dénote "le trouble qu'a créé le jugement" de cinq ans d'inéligibilité immédiate à son encontre.

Condamnée lundi en première instance dans l'affaire des assistants des eurodéputés du Rassemblement national, la leader du parti d'extrême droite a aussi annoncé, dans un entretien publié par Le Parisien, vouloir "saisir le Conseil constitutionnel par une question prioritaire de constitutionnalité (QPC)" sur "l'incompatibilité qu'il y a entre une décision d'inéligibilité avec exécution provisoire et la liberté des électeurs qui est inscrite dans la Constitution". Ainsi que la Cour européenne des droits de l'Homme "en référé" pour faire valoir que le jugement "crée un préjudice irréparable".

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La cour d'appel de Paris envisage un procès avec "une décision à l'été 2026"

La cour d'appel de Paris a indiqué mardi dans un communiqué avoir été saisie de "trois appels" à ce stade après les condamnations de Marine Le Pen et du Rassemblement national, et "examinera ce dossier dans des délais qui devraient permettre de rendre une décision à l'été 2026".

Si ces délais sont tenus, cela voudrait dire que ce deuxième procès se tiendrait au plus tard début 2026, et que la décision serait donc rendue de longs mois avant l'élection présidentielle 2027, comme l'ont réclamé plusieurs responsables politiques.

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Nouvelle enquête ouverte après des menaces contre les juges

Une nouvelle enquête a été ouverte après des menaces ayant visé les magistrats du tribunal correctionnel de Paris ayant condamné lundi Marine Le Pen à une peine de cinq ans d'inéligibilité avec application immédiate, a appris mardi l'AFP de source proche du dossier. L'enquête a été confiée à la brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP), selon cette même source.

Une autre enquête, toujours en cours, avait été ouverte en début d'année sur des menaces de mort postées sur le site d'extrême droite Riposte Laïque visant des magistrats du procès du Rassemblement national (RN) dans l'affaire des assistants parlementaires européens. Ces menaces concernaient la magistrate ayant présidé l'audience et les deux procureurs ayant requis contre les prévenus, dont Marine Le Pen.

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La cheffe de file de l'extrême droite a été condamnée lundi à quatre ans d'emprisonnement dont deux ferme aménagés sous bracelet électronique et à une amende de 100.000 euros, ainsi qu'à une inéligibilité immédiate pour cinq ans qui compromet sa candidature à la présidentielle de 2027.

Le procureur général près la Cour de cassation Rémy Heitz, l'un des deux plus hauts magistrats de France, a qualifié mardi "d'inadmissibles" les "attaques très personnalisées contre des magistrats et les menaces qui peuvent faire l'objet de poursuites pénales", se disant "choqué" que la présidente du tribunal qui a rendu la décision soit placée sous protection.

La magistrate bénéficie d'une protection, notamment des patrouilles renforcées et rondes régulières autour de son domicile, après avoir reçu des menaces, a indiqué à l'AFP une autre source proche du dossier.

Un meeting de soutien à Marine Le Pen dimanche à Paris

Selon les informations d'Europe 1, le Rassemblement national va organiser un meeting de soutien à Marine Le Pen ce dimanche 6 avril, place Vauban à Paris. Un événement qui s'inscrit dans le cadre de "la mobilisation populaire et pacifique lancée ce lundi", précise cette source, qui fait référence à la sortie de Jordan Bardella peu après la condamnation de la cheffe de file du RN.

François Bayrou ouvre la porte à une "réflexion" au Parlement pour faire évoluer la loi sur l'exécution provisoire

François Bayrou a considéré mardi que "la réflexion doit être conduite" par les parlementaires à propos de l'exécution provisoire, qui "fait que des décisions lourdes et graves ne sont pas susceptibles de recours".

Au lendemain de la condamnation de Marine Le Pen à une peine d'inéligibilité de cinq ans avec effet immédiat, le Premier ministre a expliqué lors des questions au gouvernement ne pas avoir "l'intention de mélanger les discussions sur un jugement, que je ne commente pas et que je soutiens, avec la réflexion sur l'état de la loi qui appartient au Parlement".

François Bayrou estime que le gouvernement n'a "pas le droit" de "critiquer" une décision de justice

François Bayrou, qui s'était, selon son entourage, dit "troublé" après le jugement de Marine Le Pen, a affirmé mardi qu'il n'y avait "pas de possibilité, a fortiori pour un responsable gouvernemental, de critiquer une décision de justice", et que "même nous n'en avons pas le droit".

Le Premier ministre a aussi apporté un "soutien (...) inconditionnel, non mesuré" et "puissant" aux magistrats ayant rendu cette décision, considérant "très important que l'ensemble de la représentation nationale formule ce soutien". Le premier président de la cour d'appel de Paris avait dénoncé lundi des "menaces" à l'égard des magistrats qui ont rendu le jugement dans l'affaire des assistants parlementaires européens du Front national (devenu Rassemblement national) et condamné sa leader Marine Le Pen à une peine d'inéligibilité immédiate de cinq ans.

Gérald Darmanin souhaite que le procès en appel soit organisé dans le délai "le plus raisonnable possible"

Le ministre de la Justice Gérald Darmanin a déclaré mardi souhaiter que le procès en appel de Marine Le Pen, condamnée lundi à une inéligibilité immédiate, soit organisé dans le délai "le plus raisonnable possible".

"Je souhaite personnellement que si Mme Le Pen interjette recours, ce délai de jugement nouveau à la cour d'appel de Paris puisse être organisé dans un délai le plus raisonnable possible", a-t-il déclaré lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale. "Il appartiendra à la cour d'appel de Paris, parfaitement indépendante dans son organisation, de fixer la date de cet appel", a-t-il ajouté.

Marine Le Pen s'en prend au "système" qui "a sorti la bombe nucléaire"

"Le système a sorti la bombe nucléaire", a déclaré mardi Marine Le Pen devant les députés RN rassemblés pour une réunion de groupe à l'Assemblée nationale, au lendemain de sa condamnation à une peine immédiate de cinq ans d'inéligibilité qui l'empêche, à ce stade, de se présenter à la présidentielle de 2027.

"S'il utilise une arme aussi puissante contre nous, c'est évidemment parce que nous sommes sur le point de gagner des élections", a affirmé Marine Le Pen, s'attaquant au "système" dans des termes dont elle s'était distanciée ces dernières années. "On ne se laissera pas faire", a-t-elle aussi déclaré.

"Une négation pure et simple de l'État de droit", lance Bardella

Jordan Bardella, Louis Aliot, Sébastien Chenu, Marion Maréchal... pontes du parti et soutiens de la cheffe de file ont défilé en nombre sur les plateaux des médias dès le matin. Invité de La Grande interview Europe 1-CNews, Jordan Bardella, président du RN, a dénoncé la décision des juges, estimant qu’il s’agissait d’une "négation pure et simple de l’État de droit", après la condamnation de Marine Le Pen à une peine immédiate de cinq ans d’inéligibilité dans l’affaire des assistants parlementaires européens du RN.

"Nous serons partout sur le terrain au cours des prochaines semaines"

Et les fidèles de la patronne s'attacheront à ne pas alimenter l'hypothèse d'un renoncement de la candidate. Lui-même dauphin sur le papier, Jordan Bardella n'a pas manqué d'accompagner son message d'une photo le montrant en train d'enlacer Marine Le Pen. "Nous serons partout sur le terrain au cours des prochaines semaines", a assuré Jordan Bardella dans une lettre aux sympathisants du RN.

Appelant à la "mobilisation populaire et pacifique", le parti a également lancé lundi une pétition de soutien, avec le mot d'ordre "sauvons la démocratie, soutenons Marine". "Nous n'avons pas besoin de préparer un plan B puisque le plan A est le même : Marine Le Pen candidate à la présidence", a martelé lundi Jean-Philippe Tanguy, cadre du groupe à l'Assemblée.

Quant à la principale intéressée, elle a mené la charge au JT de TF1 lundi soir, dénonçant une "décision politique", "jour funeste pour notre démocratie", et "des pratiques que l'on croyait réservées aux régimes autoritaires". "Je ne vais pas me laisser éliminer ainsi", a martelé la députée du Pas-de-Calais, mettant sur la table une exigence qui devrait se retrouver dans toutes les prises de paroles du parti lepéniste : une audience en appel rapide, espérant qu'une décision plus clémente lui permette d'être sur la ligne de départ en 2027.

Le procès en appel ne devrait pas se tenir, au minimum, avant un an

La question est au cœur de l'avenir politique de Marine Le Pen, mais les délais habituels de la justice ne semblent pas de nature à éclaircir son horizon.

Le procès en appel ne devrait pas se tenir, au minimum, avant un an, avec une décision plusieurs semaines plus tard, soit pas avant la fin 2026, à quelques mois de la présidentielle. Et sans garantie que la cour d'appel rende une décision différente de celle du tribunal. "Ce n'est pas moi qui en ai la maîtrise, je peux demander ce que je veux...", a d'ailleurs reconnu la députée du Pas-de-Calais lundi soir, avant de retrouver un ton plus offensif : "il faut que la justice se hâte".