Immigration : le gouvernement divisé sur l'idée d'un front diplomatique à mener contre l'Algérie
Au lendemain de l'attaque terroriste à Mulhouse, dont le suspect est un Algérien en situation irrégulière, François Bayrou convoque un conseil interministériel de contrôle de l'immigration mercredi. Mais à moins de 24 heures, le gouvernement semble divisé sur la stratégie à adopter vis-à-vis d'Alger.
Un bras de fer contre Alger ? La coopération avec l’Algérie est un point particulièrement sensible. Alors qu’un terroriste présumé sous OQTF est à l’origine de l’attentat de Mulhouse, le pays avait refusé à dix reprises de le récupérer. François Bayrou convoque alors un conseil interministériel de contrôle de l'immigration mercredi 26 février. Décidé à ne pas se focaliser sur la question algérienne dans l'espoir d'empêcher des sanctions ciblées, notamment sur les visas, le ministre des Affaires étrangères souhaite privilégier la coopération avec chaque pays au cas par cas. Matignon choisit par exemple de mettre l'accent sur d'autres grands thèmes comme Mayotte, la mer du Nord ou encore les frontières intérieures. Mais si Bruno Retailleau aimerait bien saisir l'occasion pour lancer un front diplomatique contre Alger, le Quai d'Orsay préfère jouer la diplomatie.
Deux ministres, deux préoccupations
Bruno Retailleau veut faire de cette réunion la première étape d'un bras de fer contre Alger. Retour sur les accords bilatéraux de 1968, réduction du nombre de visas délivrés à l'Algérie, ou encore gel des avoirs des dignitaires algériens résidant sur le territoire français : pour Bruno Retailleau, il faut agir. Mais au Quai d’Orsay, on veut éviter un bras de fer. “Quand on dit “j'arrête les visas”, ça ne fonctionne pas”, explique le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot. Le gouvernement semble alors divisé sur la question, mais rien n’est figé.
Cette réunion sera le théâtre de la confrontation entre, d'une part, un ministre des Affaires étrangères qui souhaite traiter le plus largement possible des questions migratoires, et d'autre part, un ministre de l'Intérieur lancé dans une bataille diplomatique contre Alger. C’est François Bayrou, appelant à la fermeté, qui tranchera et préparera une réponse à l'Algérie dans les semaines qui viennent.