«Le système a sorti la bombe nucléaire», affirme Marine Le Pen devant les députés RN

Condamnée à cinq ans d’inéligibilité, Marine Le Pen dénonce une "décision politique" et tente de mobiliser ses troupes. Face aux députés RN, elle assure que son parti est "sur le point de gagner" et promet de ne pas se laisser faire, tandis que Jordan Bardella appelle à riposter sur le terrain.
"Le système a sorti la bombe nucléaire", a déclaré mardi Marine Le Pen devant les députés RN rassemblés pour une réunion de groupe à l'Assemblée nationale, au lendemain de sa condamnation à une peine immédiate de cinq ans d'inéligibilité qui l'empêche, à ce stade, de se présenter à la présidentielle de 2027.
"Nous allons gagner"
"S'il utilise une arme aussi puissante contre nous, c'est évidemment parce que nous sommes sur le point de gagner les élections", a affirmé Marine Le Pen, s'attaquant au "système" dans des termes dont elle s'était distanciée ces dernières années. "On ne se laissera pas faire", a-t-elle aussi déclaré, au lendemain de sa condamnation à une peine d'inéligibilité immédiate de cinq ans.
"À qui allons-nous pouvoir demain donner la moindre leçon de démocratie dans le monde ?", a-t-elle encore martelé lors de cette réunion ouverte à la presse de manière inédite.
Ovationnée à son arrivée par les députés, la présidente du groupe a tenté de motiver ses troupes : "Ne vous laissez pas intimider. Ne vous laissez pas démoraliser". "Nous allons gagner", a encore assuré la cheffe de file du RN, renouvelant son appel à une audience en appel "dans les plus brefs délais" pour espérer pouvoir concourir à la présidentielle.
"Qu'ils ne se réjouissent pas trop vite
Elle s'en est également pris à ses opposants politiques qui l'appellent à ne pas critiquer la décision de justice : "en l'occurrence, ce n'est pas une décision de justice, c'est bien. Du coup, on a le droit de la critiquer", a-t-elle soutenu, répétant qu'il s'agissait d'une "décision politique".
"Qu'ils ne se réjouissent pas trop vite car nous avons été toujours les premiers à être victimes des malhonnêtetés du système. Aujourd'hui, c'est nous. Mais demain, évidemment, ce sera eux", a-t-elle critiqué.
Présent à ses côtés, le président du parti Jordan Bardella a appelé les députés à aller sur le terrain et tenir "des conférences de presse dans leurs circonscriptions", notamment pour prendre l'opinion publique à témoin à travers la presse régionale.
"S'ils pensent qu'une décision de justice va nous empêcher de faire de la politique (...) c'est mal nous connaître, mais je pense que c'est aussi mal la connaître", a-t-il soutenu, en référence à celle dont il apparaît comme le successeur naturel en cas d'empêchement pour la présidentielle 2027.