Tuberculose : des pistes pour améliorer le dépistage précoce des populations à risque

La Haute autorité de santé a jugé ce lundi les pratiques de dépistage précoce de la tuberculose comme "disparates" et propose ainsi des pistes pour mieux détecter les cas. Globalement, la France est peu frappée par cette maladie, mais certains territoires sont plus touchés, comme la Guyane, Mayotte et l'Ile-de-France.
Détenus, migrants, SDF, usagers de drogues... Certaines populations ont un risque plus élevé de tuberculose mais les pratiques de dépistage précoce sont "disparates", juge lundi la Haute autorité de santé, qui propose des pistes pour mieux détecter les cas.
La France est globalement peu frappée par la tuberculose (moins de 10 cas pour 100.000 habitants par an), mais certains territoires sont plus touchés, la Guyane, Mayotte, l'Ile-de-France, et certaines personnes exposées à un risque plus élevé par leurs conditions de vie.
La détection précoce et le démarrage rapide d'un traitement sont essentiels
Un léger rebond de l'incidence a été observé en 2023 après trois ans de baisse régulière, reflétant "probablement" un retour à une situation pré-pandémie de Covid, selon les dernières données de Santé publique France, publiées lundi pour la Journée mondiale de lutte contre la tuberculose. Reste à confirmer qu'il ne s'agit "pas d'une augmentation liée à une intensification de la transmission du bacille tuberculeux au sein de la population", ajoute SpF.
Les populations les plus touchées restent les personnes sans domicile fixe, vivant dans des lieux de promiscuité (prison, foyer, squat), issues d'un pays à forte incidence (migrants) ou au système immunitaire altéré, "souvent éloignées du système de santé", et "susceptibles de ne pas identifier ou signaler d'éventuels symptômes", observe aussi la HAS.
Une détection précoce et le démarrage rapide d'un traitement sont essentiels, notamment pour réduire la transmission. Or, la France connaît "des pratiques de dépistage disparates" des populations à risque, constate cette autorité, saisie par le ministère pour les réévaluer.
Pour y remédier, la HAS propose deux types de dépistage précoce, avec des critères d'éligibilité et des algorithmes standardisés. Un dépistage serait systématique pour tous les migrants en France depuis deux ans maximum et issus d'un pays à forte incidence.
La vaccination reste recommandée chez les nourrissons
Même chose pour les adultes et adolescents ayant séjourné au moins 6 mois dans un pays à forte endémie, s'ils ont vécu dans la promiscuité ou été en contact avec des tuberculeux, là encore dans les deux ans suivant leur retour. Le dépistage systématique concernerait aussi les détenus entrant en maison d'arrêt, en centre de détention et maison centrale , ou sortis de prison depuis moins de 2 ans.
Certains enfants et nourrissons sont aussi concernés : entrés en France depuis deux ans maximum et issus d'un pays de forte incidence. Ou ayant eu un contact prolongé avec une personne porteuse de tuberculose pulmonaire ou issue d'un pays de forte incidence et en France depuis moins de deux ans.
La HAS suggère également un dépistage opportuniste, lors de tout recours aux soins, pour les adultes ou adolescents sans-abri, ou ayant une mobilité internationale et vivant en communauté isolée, ou vulnérables, précaires, en marge du système de soins, et vivant dans la promiscuité.
Transmise par voie aérienne, la tuberculose est une infection bactérienne très contagieuse touchant le plus souvent les poumons, mais pouvant se propager au cerveau. En France, la vaccination reste recommandée, essentiellement chez les nourrissons, mais n'est plus obligatoire depuis 2007.