Iniesta, un petit devenu très grand

CM 2010 Â Andres Iniesta a sacré l'Espagne à quatre minutes de la fin de la prolongation.
CM 2010 Â Andres Iniesta a sacré l'Espagne à quatre minutes de la fin de la prolongation. Technicien hors pair au sein de la sélection espagnole et véritable poison pour les défenses, Andres Iniesta n'a pas toujours fait le bon choix dans le dernier geste, dimanche lors de la finale de la Coupe du monde face aux Pays-Bas. Mais nul doute que plus personne n'en veut désormais au petit meneur du Barça d'avoir gâché certaines occasions, en laissant par exemple revenir Van Bronckhorst alors que le chemin du but s'était ouvert à bout portant (100e) ou en oubliant de servir Villa et Navas dans une action du même genre (81e). Mais grâce au bon service de Fabregas et au mauvais alignement de Van der Vaart, le joueur catalan a pu prendre son temps pour armer sa demi-volée qui restera forcément dans l'histoire du football pour avoir donné la victoire aux Ibères en prolongation (1-0). Facile ballon au pied tout au long de la partie, la petite pile de la Roja a connu plus de difficultés à l'approche de la surface, se compliquant régulièrement la vie au moment de tenter sa chance. Laissant assez clairement les clés du jeu espagnol à Xavi durant le Mondial, le petit milieu espagnol n'en a pas pour autant oublié d'être décisif. Bien au contraire. Après une première rencontre difficile face à la Suisse (0-1) à l'image de l'ensemble de ses coéquipiers, le nouveau héros national avait dû déclarer forfait face au Honduras, touché à la cuisse droite. Cette blessure lui avait même gâché son avant-Mondial, le rendant déjà incertain pour le match d'ouverture. De retour face au Chili, Iniesta inscrit le deuxième but de la Roja, qui délivre les siens juste avant la pause pour assurer la qualification sur un service en retrait de Villa (2-1). Un but en forme de symbole, qui lui permet de tourner la page pour partir à l'assaut de la dernière ligne droite. "Le football a gagné, je suis submergé par l'émotion" Partie prenante dans les buts de la qualification face au Portugal (1-0), puis au Paraguay (1-0), en délivrant respectivement l'avant-dernière passe décisive à peine prolongée par une talonnade de Xavi pour Villa, puis en décalant Pedro à l'entrée de la surface pour son tir sur le poteau récupéré victorieusement par Villa, Iniesta avait déjà sorti le geste juste au bon moment. Pas dans la forme de sa vie à l'image de sa saison un peu plus terne au Barça, l'homme aux 49 sélections a tenu bon physiquement, surtout en finale malgré les coups répétés des Néerlandais dans l'entrejeu. Enervé face à l'attitude de Van Bommel (78e), le frêle Espagnol (1,69 m, 64 kg) s'est immédiatement reconcentré en offrant notamment une balle de but à Fabregas (100e) ou en provoquant le deuxième carton jaune synonyme d'expulsion pour Heitinga (109e). Toujours dans son registre en exécutant très précisément Stekelenburg, Iniesta a pris ses responsabilités et a inscrit un but décisif comme rarement dans sa carrière, si ce n'est en demi-finale retour de la Ligue des champions 2008-2009 face à Chelsea en arrachant la qualification d'un tir lointain dans les dernières minutes de jeu. Mais maintenant, le joueur petit par la taille, mais grand par le talent, a changé de statut. "Je suis très heureux. Le football a gagné, je suis submergé par l'émotion. Sur le but, je voulais vraiment remercier et penser à Dani Jarque, le défenseur de l'Espanyol Barcelone décédé l'année dernière." Digne et généreux dans les moments les plus importants, nommé parmi les dix pour remporter le titre de meilleur joueur du Mondial (une récompense finalement décernée à Diego Forlan), Andres Iniesta concrétise en plus l'emprise du Barça sur cette équipe d'Espagne. Si ce n'était pas un but en or, cela y ressemblait quand même fortement.