Jour J pour la primaire de la droite. Alors que plusieurs millions de votants sont attendus pour ce scrutin sans précédent, plusieurs anomalies et autres petits cafouillages ont été signalés dimanche dans différents bureaux de votes de la métropole et des outre-mer. Petit tour d'horizon.
- L'assesseur de François Fillon refoulé d'un bureau de vote à Châteaurenard
L'assesseur représentant François Fillon a été refoulé du bureau de vote de Châteaurenard, dans les Bouches-du-Rhône, rapporte L'Obs. Il a saisi la cellule juridique du candidat à la primaire, qui a elle-même saisi la Haute Autorité. Le député-maire de Châteaurenard, Bernard Reyniès, est un proche de Nicolas Sarkozy, souligne le site de l'hebdomadaire.
Autre anomalie dans ce même bureau de vote : les portes ont été ouvertes avec dix minutes d'avance. Que s'est-il passé de 7h50 à 8h ?, questionne L'Obs. Là encore, la Haute autorité a été saisie.
Un peu plus tard dans la journée, Bernard Reynès, député-maire de la ville, a démenti ces accusations sur Twitter :
Scandalisé https://twitter.com/lobs">@lobs https://twitter.com/leLab_E1">@leLab_E1 !L'individu qui ne s'est jamais inscrit comme assesseur ou référent https://twitter.com/hashtag/fillon?src=hash">#fillon suit le scrutin depuis 8h. Mensonge
— reynes bernard (@bernardreynes) https://twitter.com/bernardreynes/status/800359192557142016">20 novembre 2016
- Votants qui ne payent pas, émargements déjà signés... : Bruno Le Maire signale cinq problèmes à La Réunion
Soupçons d'irrégularités à La Réunion : le directeur de la campagne de Bruno Le Maire, Philippe Ghanty, évoque des cas litigieux qui se sont produits dans des bureaux de vote de plusieurs communes de l'île, rapporte le site réunionnais L'info. "Émargements déjà signés, votants qui ne payent pas, assesseurs refusés", détaille sur son compte Twitter Antoine Forestier, journaliste à Antenne Réunion. Au total, cinq signalements ont été déposés par le représentant du candidat sur l'île.
Émargement déjà signé, votants qui ne payent pas, assesseurs refusés, le représentant de @BLMReunion dépose 5 recours #Laprimaire#LaReunion
— Antoine Forestier (@a_forestier) 20 novembre 2016
- Les enveloppes du premier tour épuisées dans plusieurs bureaux de vote
Gros succès pour la primaire de la droite dans les Alpes-Maritimes. Plusieurs bureaux de vote du département se sont retrouvés à court d'enveloppes : "On a été obligé de puiser dans le stock d'enveloppes initialement prévu pour le second tour", explique à Nice-Matin un élu local LR. "Cela ne pose aucun problème", précise-t-il, "mais il faudra tout de même réapprovisionner les stocks pour le second tour". Preuve que la participation s'annonce prometteuse dans ce secteur acquis à la droite.
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D'autres pénuries d'enveloppes ont été signalées, comme dans l'Essonne ou encore dans le 14e arrondissement de Paris.
#PrimaireDroite certains bureaux en #Essonne n'ont pas assez d'enveloppes avec l'affluence et doivent prendre celles prévues pour le 2e tour
— cécile chevallier (@ChevallierCcile) 20 novembre 2016
À 15h dans mon bureau de vote (75014) il n'y a plus d'enveloppe pour voter ... personne ne sait quoi faire #Laprimairepic.twitter.com/7g0gfmUkXg
— Pierre TREHOREL (@pierretrehorel) 20 novembre 2016
- Des noms d'électeurs manquent sur les listes électorales
Certains électeurs rapportaient quelques problèmes d'organisation ou d'absence de leur nom sur les listes du bureau. C'est notamment le cas dans le Rhône et la région lyonnaise, où certains votants dont le nom de famille commençaient par "V" ne figuraient pas sur les listes électorales, indique Le Progrès. Ces derniers ont été refoulés du bureau de vote et invités à se représenter avec leur carte électorale. "Il y a eu des bugs, des coquilles dans la fusion des listes qui s'est faite à Paris", a indiqué le maire LR de Rillieux-la-Pape dont le nom n'était pas non plus sur la liste.
En revanche, d'autres électeurs ont bénéficié d'un traitement différent. Selon L'Express, le publicitaire et ami du couple Sarkozy Jacques Séguéla a voté dimanche à Neuilly-sur-Seine. Problème : son nom n'était pas inscrit sur la liste d'émargement de son bureau de vote. Alors celui-ci a été rajouté à la main pour lui permettre de voter et Jacques Séguéla a ainsi pu glisser son bulletin dans l'urne.
Jacques Séguéla n'était pas sur le cahier d'émargement, sa femme oui. Son nom a été ajouté à la main et il a pu voter. pic.twitter.com/slxfz3ZEnw
— Alex Sulzer (@Alexsulzer) 20 novembre 2016
L'équipe Juppé a contacté la Hauté Autorité sur les cas d'émargement à la main. La Hte Autorité valide s'il y a consensus parmi assesseurs.
— Alex Sulzer (@Alexsulzer) 20 novembre 2016
- Ils n'ont pas signé la "Charte des valeurs républicaines"
En fait, si ! Plusieurs votants se sont étonnés (voire réjouis) sur Twitter de ne pas avoir signé la fameuse charte des valeurs républicaines de la droite - obligatoire pour pouvoir participer au scrutin. Sauf que ces électeurs ont bel et bien signé la charte : la "charte pour l'alternance" se trouve discrètement glissée dans le premier cahier d'émargement que les votants doivent signer à leur arrivée dans le bureau de vote. Est indiqué en petit sur ce cahier : "la signature de l'électeur atteste du versement de sa participation aux frais d'organisation et de son adhésion à la Charte de l'alternance", rappelle le JDD. Les votants ont donc signé la charte en émargeant sur le cahier, sans s'en rendre compte.
En revanche ils ne font pas signer la charte (une manipulation pour faire invalider les bureaux de vote de gauche ? ) #PrimaireDroite
— Sinhou (@fake_rebel) 20 novembre 2016
LIBÉRATION! A réussi à voter sans signer la charte de la droite!! Ciao bye les vieux à caniche. J'me casse vite vite vite...#PrimaireDroitepic.twitter.com/rP9B1wEn0O
— Frenchy Lawyer (@FrenchyLawyer) 20 novembre 2016
- Ils payent en pièces de cinq centimes
Plus insolite, comme l'a relevé une journaliste du Télégramme sur Twitter, à Brest, des électeurs se sont acquittés de leur participation à la primaire de la droite... avec des pièces de 5 et 10 centimes. Sans doute voulaient-ils se moquer de bon déroulé du scrutin puisque, précise Anne-Cécile Juillet, il s'agissait d'"électeurs de gauche".
À #Brest, des électeurs de gauche un peu facetieux règlent leur participation à la #PrimaireDroite avec des pièces de 5 et 10 centimes.
— Anne-Cécile Juillet (@AnneCeJuillet) 20 novembre 2016