Tous les jours dans la matinale d’Europe 1, Olivier de Lagarde scrute et analyse la presse du jour. Aujourd’hui, la justice française qui pose question, le portrait de la juge qui a condamné Marine Le Pen et les droits de douane imposés par Donald Trump qui inquiètent.
Jugez les juges
Et en marge de la condamnation de Marine le Pen, beaucoup de question se posent sur la justice française ce matin : « Le gouvernement est contrôlé par le parlement... le parlement est contrôlé par les juges. Et Les juges sont contrôlés par qui ? » Celle qui s’interroge et qui accuse ainsi c’est Marine Le Pen qui accorde une longue interview au Parisien Aujourd’hui en France.
Et quand le journal lui fait remarquer qu’elle tient des propos très durs contre la justice. Elle répond : « Mais n’a-t-on pas le droit de dire que l’on est en désaccord avec une décision qui assume d’être une décision politique ? Je le dis qu’on me poursuive. Je suis porte-parole de 13 millions d’électeurs ».
La patronne du Rassemblement National au lendemain de sa condamnation qui s’affiche plus offensive que jamais.
Elle qui estime que l’annonce surprise hier d’un procès en appel avec décisions à l’été 2026 est une bonne nouvelle : « Une très bonne nouvelle dans laquelle je veux voir le trouble qu’a créé le jugement dit-elle ».
« La juge par qui le tremblement de terre est arrivé »
Des propos qui s’adresse directement à Bénédicte de Perthuis, la Présidente de la 11ème chambre correctionnelle avec qui l’on fait plus ample connaissance dans le Figaro. « La juge par qui le tremblement de terre est arrivé » comme la présente Paule Gonzalès.
Elle a 63 ans dont 25 passée dans la magistrature. Experte comptable de formation, C’est une ancienne du cabinet de Consulting Ernst & Young.
« Accusé d’être à la fois juge rouge et supplétive du grand capital on ne lui connait aucun engagement politique ou syndica l ».
« Pour autant sa décision doit être interrogée écrit le Figaro. En fait, Bénédicte de Pertuis et les deux juges assesseurs ont appliqués la jurisprudence constante de la 11eme chambre correctionnelle mais sans prendre en compte l’incompréhension qu’elle pourrait susciter par l’exécution provisoire ».
« Nous allons nous en prendre une en retour ».
Et ça cela pose quand même problème, y compris à des magistrats. Dans l’Opinion, c’est un président d’une cour d’appel du sud de la France qui s’exprime sous couvert d’anonymat :
« Ce jugement n’est pas choquant déclare-t-il mais je ne l’aurais jamais prononcé ». Son principal argument est extra judiciaire explique Marie-Amélie Lombard-Lathune. « Il n’était pas interdit d’être malin et d’avoir du sens politique face au cataclysme annoncé » déclare ce magistrat. « Le retour de bâton risque d’être sévère pour l’institution judiciaire -prédit-il-, fallait-il provoquer une telle incompréhension ? Donner le sentiment qu’on se permet de priver des millions de gens de leur vote... « Nous allons nous en prendre une en retour ».
Alors un autre qui s’en prend quelques-unes, c’est notre premier ministre.
C’est peu dire que ces dernières déclarations laissent les commentateurs un peu pantois.
Dans le JDnews, qui consacre sa une cette semaine et un long dossier à l’affaire. Jules Torres rappel tout d’abord que « ce scénario du pire François Bayrou l’avait anticipé comme on pressent une onde de choc. Bien avant de s’installer à Matignon il s’était publiquement inquiété des réquisitions contre Marine Le Pen dénonçant déjà l’hypothèse de son inéligibilité comme très dérangeante ».
« Alors que lui-même a été blanchi dans une affaire similaire en première instance. Il n’avait cessé d’alerter sur le risque de séisme démocratique ».
« A titre personnel »
Mais ça c’était donc avant de devenir Premier Ministre. Parce que maintenant qu’il est à Matignon... « En exprimant son trouble, c’est lui qui l’a semé chez ses partisans explique Cécile Cornudet des Echos ».
« Des trouble ressentis à titre personnel » Bref qui n’ont pas été exprimé par le PM mais par le citoyen Bayrou.
Sauf qu’un Premier ministre ne devrait rien dire à titre personnel écrit Rémi Godeau à la une de l’Opinion. Bayrou ajoute la confusion au Chaos lorsqu’il mêle à ses positions officielles des expressions « à titre personnel ».
Qui gouverne la France s’interroge-t-il ? Le ci-devant françois ou le citoyen Bayrou ?
« Tous aux abris ! »
Dans le reste de la presse, les inquiétudes concernant les droits de douane que doit annoncer Donald Trump aujourd’hui.
« Le grand bond en arrière » comme l’appelle les Echos en gros titre.
« Et l’affaire est sérieuse » prévient Christophe Jakubyszyn dans son édito. « L’économie mondiale va connaitre le plus grand choc de son histoire depuis la seconde guerre mondiale.
Le pari de Donald Trump c’est que le choc peut être violent mais qu’ à la fin c’est l’Amérique qui l’emportera... Tous aux abris ! »
Loin de ces sujets mercantiles, La Croix se pose une tout autre question : que reste-t-il de l’héritage de Jean Paul 2.
Il y a 20 ans tout juste disparaissait le pape qui a sans doute le plus marqué son siècle.
« C’était l’athlète de Dieu ; Un homme qui non seulement avait une pensée profonde mais aussi un charisme qui donnait confiance et une capacité d’entrainement hors du commun » explique l’un de ses admirateurs au journal.
Stanislas Premier
Sinon un marronnier comme l’on dit.
Ces sujets qui reviennent dans vos journaux avec la régularité de la floraison des marronniers au printemps.
Le classement des meilleurs lycées de France.
Alors chacun bricole le sien dans son coin, mais hasard du calendrier. Le Figaro et le Parisien publie chacun le leur le même jour donc... aujourd’hui.
Et ce qui est formidable c’est que les résultats des 2 classements n’ont absolument rien à voir.
On ne résiste pas cependant au plaisir de signaler à Média part et Amélie Oudéa-Castéra que dans le classement du Figaro, le meilleur Lycée privé de France, n’est autre que Stanislas !
Nuggets au Caviar
Mais on va terminer par ce poisson d’Avril. Parce qu’hier c’était donc le premier avril. Soit dit en passant la mode des blagues dans les journaux à complètement disparu.
Mais pas chez les petits malins de la pub.
C’est ainsi qu’hier une chaine de fast food annonçait sur les réseaux sociaux la mise en vente de Nuggets au Caviar raconte Thiebaut Déléaz dans Le Figaro Economie.
Warf.. Warf...
Mais la blague c’est que c’était vrai ! Le plat a bien été proposé à la vente. 7 nuggets plus une boite de caviar Astara platine. Tout ça pour 19€.
Bon il n’y en a pas eu pour tout le monde parce qu’évidemment c’était de la vente à perte pour la chaine. Mais quelle pub ! Rendez-vous compte ? Même la revue de presse d’Europe 1 en a parlé ce qui honnêtement n’a pas de prix !